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mardi 6 novembre 2012

Mes hommages John Gochnaur


Dans un sport où vous êtes bon quand vous réussissez trois fois sur dix, être le plus mauvais parmi les plus mauvais dans un historique des moins pires, à de quoi piquer notre curiosité. D’abord parce que pour être décoré du titre de champion de la médiocrité, il faut vraiment se surpasser dans un sport où la moyenne collective, place la note de passage autour de 25%. L’exploit, c’est d’être pitoyablement constant. 

Le plus mauvais de tous

Il se trouve qu’un joueur dans l’histoire mérite toute notre attention, en étant plus mauvais que les autres. John Gochnaur. Si vous avez entendu parler de lui, ce n’est certainement pas pour ses exploits…quoi qu’en y pensant bien, il s’agit bien d’exploits. En 1901, il s’aligne pour trois matchs avec les Superbas de Brooklyn. Son début est prometteur avec une moyenne de .364 et une moyenne de présences sur les buts de .417. Il produit même deux points. Défensivement, il fut parfait! Il aurait d’ailleurs dû songer prendre sa retraite à la fin de cette saison 1901. On n’aurait jamais plus parlé de lui.

C’est en 1902 que les choses se gâtent. À 26 ans, Gochnaur passe de Brooklyn dans la ligue Nationale, aux Bronchos de Cleveland de la ligue Américaine. Et le désastre commence. Alors que la moyenne collective des siens fut de .289, Gochnaur frappait pour un microscopique .185, il a maintenu une moyenne de présences sur les buts de .247 et il produisait 37 points sans frapper de circuit. Jusqu’à présent, vous me direz que c’est mauvais, mais qu’il n y a rien d’exceptionnel. Sauf que je ne vous ai pas encore dit que Gochnaur évoluait à l’arrêt-court. Avec son gant de béton, il a commis pas moins de 48 erreurs, dont 5 dans un programme double. Il trouva le moyen de se surpasser la saison suivante.

Pire que pire

Il reste donc à Cleveland pour la campagne de 1903, mais cette fois, l’équipe s’appelle les Naps. Sous les ordres du même gérant, Mark Armour qui l’appréciait probablement assez pour le ramener, Goochnaur joue 134 matchs, il frappa encore pour .185, il a obtenu une moyenne de présences sur les buts de .265 et il produisait 48 points, toujours sans circuit. Gochnaur en met plein la vue avec ses « prouesses » défensives. Il a cafouillé comme encore personne ne l’a jamais fait dans l’histoire. Il fait deux fois « mieux » que la saison précédente. Il est débité de 98 erreurs! Son pourcentage d’efficacité en défensive fut de .869 pour cette dernière saison. Il ne jouera plus dans les majeures ensuite. Mais il se dénichera un emploi comme joueur dans la Pacific Coast League, où il jouera quatre saisons, et cumulera une moyenne de .197 sans qu’on en sache plus sur ses statistiques défensives.

Marquer le baseball à jamais

Mais Gochnaur détient quand même une marque positive dans l’histoire. Sa saison 1903 n’entre pas seulement dans l’histoire pour son nombre d’erreurs, mais aussi pour être le joueur ayant le plus de points produits en une saison avec une moyenne sous les .200.

Fait intéressant, lors de ses deux saisons à Cleveland, il formait la combinaison double-jeu avec nul autre que Napoléon Lajoie. 

John Gochnaur est peut-être le plus mauvais joueur de l’histoire du baseball majeur, mais il était sans aucun doute un grand passionné de ce sport. Il a non seulement joué quatre autres saisons ensuite dans la Pacific Coast League, mais lorsqu’il se retira, il devint arbitre jusqu’à son décès en 1929.

En ce mois de novembre 2012, plus d’un siècle plus tard, je vous parle de lui. Combien d’entre-nous aurions aimé être à sa place sur un terrain du baseball majeur? Combien y sont passés et sont tombés dans l’oubli? John Gochnaur est là pour nous rappeler que ce sport est magnifique, et joué par des hommes et des femmes passionnés. Grâce à lui on se souviendra de tous ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’être assez bons ou assez mauvais pour marquer l’histoire.

Chapeau, Monsieur Gochnaur! 

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